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Le cerveau des enfants et les émotions

Le développement cérébral

Au cours de l’évolution, le cerveau humain s’est progressivement modifié et développé. Plusieurs recherches en neurosciences ont démontré que notre cerveau est en fait organisé en trois parties. D’après les chercheurs, cela correspondrait à « trois cerveaux » à l’intérieur d’un seul. Ces différentes structures permettent aussi bien d’assurer les fonctions vitales, que des fonctions de mémorisation et d’émotions.

Les trois parties de notre cerveau sont donc :

Le cerveau reptilien (le plus ancien) :

ce dernier assure les fonctions vitales de l’organisme, il est constitué du tronc cérébral et du cervelet, et permet de contrôler la fréquence cardiaque, la respiration, la température corporelle… Il est également le centre de nos instincts primaires (réaction de défense, peur, instinct de survie…). Le cerveau reptilien est mature dès la naissance.

Il donne des réponses binaires (oui/non) et agira toujours de la même façon.

Le cerveau limbique (apparaît avec les premiers mammifères) :

mémorise les différents comportements de l’humain et est responsable de ses émotions. Il est constitué de l’hippocampe, de l’amygdale, et de l’hypothalamus. Il prend part intégrante au processus de décision, et communique avec les deux autres cerveaux. En effet, il contrôle émotionnellement les prises de décision et valide les choix raisonnés du néocortex. Le cerveau limbique atteint sa maturité vers quinze ans. Sa croissance a lieu principalement entre quinze mois et cinq ans.

Le néocortex (apparaît avec les premiers primates) :

il est constitué des deux hémisphères cérébraux. Ces derniers assurent la conscience, l’imagination, le langage, l’apprentissage, le raisonnement, et participent à la prise de décision. Le néocortex permet de nous définir réellement en tant qu’être humain. Etant la partie la plus complexe de notre cerveau, il atteint sa maturité à l’âge de vingt-cinq ans environ.

Ces trois cerveaux ne travaillent pas isolément, mais communiquent entre eux par de nombreuses connexions, et notamment par des neurotransmetteurs (molécules permettant le transfert de l’information) au sein de réseaux synaptiques (jonction entre deux neurones, dans laquelle passe les neurotransmetteurs qui font circuler l’information d’un neurone à un autre). 

L’émotion

Le mot « émotion » provient du latin « emovere », qui signifie « un mouvement vers l’extérieur ». Littéralement une émotion peut donc se définir comme ce qui nous fait bouger, ce qui nous met en mouvement.

De nombreuses définitions scientifiques ont vu le jour, jusqu’à récemment en 2013 où des chercheurs ont proposé un consensus. L’émotion serait un processus rapide, focalisé sur un événement, qui fait appel aussi bien à notre corps (sensations physiques) qu’à notre esprit. Ce processus se déclenche suite à une stimulation de l’environnement ou une stimulation sensorielle.

L’émotion est bien sûr propre à chaque individu, ce qui participe à la complexité de la définition. Grâce à elle, nous pouvons par exemple savoir si l’expérience vécue est agréable ou désagréable.

Plusieurs points définissent une émotion :

  • C’est un processus inconscient suite à une élaboration mentale
  • Elles sont brèves, ne durent pas dans le temps
  • Elles sont subjectives et ne sont pas universelles. En ce sens, elles sont propres à chaque individu
  • Elles sont perceptibles par notre entourage et permettent de communiquer
  • Elles sont d’intensité variable, peuvent apparaitre n’importe quand et plusieurs fois par jour
  • Les émotions font partie intégrante du processus de décision au quotidien

La répression des émotions

Il est impossible, physiologiquement et psychologiquement parlant, de ne pas ressentir d’émotions. En effet, ce sont des réactions dont nous ne pouvons contrôler l’apparition. Leur déclenchement est ainsi automatique, mais il est malgré tout fréquent de tenter de les réguler.

Ainsi beaucoup de personnes s’interdisent de ressentir telle ou telle émotion, principalement à cause de leur culture ou de leur milieu social, qui les cataloguent comme des émotions négatives et néfastes. Il est fréquent d’entendre des phrases, entres autres, comme : « un homme qui pleure est un homme faible ».

Toutefois, ces émotions ont beau être réprimées elles ne disparaissent pas pour autant. Au contraire, nous les intériorisons et elles peuvent provoquer de gros dégâts à la fois physiques et psychologiques.  Ainsi, elles peuvent engendrer des tensions musculaires, viscérales, des maux de tête, des états dépressifs, et autres troubles.

Les émotions et le développement de l’enfant

Une bonne gestion des émotions est fondamentale pour un bon développement de l’enfant. Ce dernier a besoin d’être accompagné par des adultes pour ne pas être submergé par ses différentes émotions, pour canaliser son énergie et pour apprendre à exprimer correctement ses besoins.

Chaque émotion doit être accompagnée de l’écoute empathique des parents. Ainsi, il est utile de poser des questions ou des expressions sans jugement, de mettre des mots sur le ressenti de l’enfant : « je vois que tu es triste/en colère/blessée », ou bien encore « quelle est l’intensité de ton émotion ». Il faut l’écouter sans jugement, chercher à expliquer son ressenti tout en lui expliquant son émotion et sa normalité.

Ne pas empêcher l’émotion d’aller jusqu’au bout est également très important pour un bon développement. On observe trois étapes dans la résolution d’une émotion :

  • La charge : les ressentis de l’intérieur (accélération du rythme cardiaque…)
  • La tension : cette énergie est transformée en parole, en acte
  • La décharge : le moment des pleurs et des cris. C’est l’étape finale, qui permet par la suite le retour au calme

Respecter ces trois étapes est donc utile, et principalement la dernière, que l’on confond souvent avec l’émotion en elle-même. En se déchargeant, l’enfant libérera cette tension vers l’extérieur au lieu de l’intérioriser. Il vaut donc mieux encourager un enfant à pleurer plutôt que de lui dire « ne pleure pas ».

Une fois le calme revenu, c’est le moment d’échanger des paroles concrètes avec son enfant. Il vaut mieux lui poser des questions comme : « que s’est-il passé ? », plutôt que « pourquoi tu pleures ? ».

L’écoute empathique est donc nécessaire pour aider les enfants à se sortir d’une situation intense émotionnellement, pour les accompagner dans des moments douloureux, et leur permettre ainsi d’avoir un bon développement émotionnel et psychique en règle générale.

Pour aller plus loin :

Je propose des ateliers Kimochis® pour développer les compétences émotionnelles des enfants.

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